Technique Dressage : le rôle de la vidéo

« Une image vaut mille mots » : l’analyse vidéo comme outil de travail en dressage

 

Il est parfois difficile pour le cavalier de ressentir et d’analyser précisément ce qui se passe sous la selle. Mon cheval est-il droit, l’allure est-elle bonne, mes aides sont-elles précises ? Autant de questions que l’on se pose quotidiennement et certainement à juste titre. Seules des années d’expérience aident à cibler rapidement, interpréter correctement puis remédier efficacement aux difficultés rencontrées. Il existe pourtant un outil simple pour permettre à chaque cavalier, quels que soient son niveau et son bagage, de progresser avec plus d’aisance, d’efficience et de sérénité. Effectivement, l’analyse vidéo est un moyen rapide et performant pour repérer les imperfections visuelles, les associer à un sentiment à cheval et comparer les séances afin d’apprécier concrètement les progrès.

 

Certes, les évolutions d’un cheval semblent parfois éphémères, ses problèmes abstraits. Les conseils d’un entraineur peuvent être complexes à comprendre et ses recommandations d’autant plus dures à reproduire. Nos défauts de position apparaissent souvent irrémédiables et les appréciations des juges contradictoires avec la sensation du cavalier. Lorsque l’on perd confiance en soi ou qu’on ne comprend pas les attentes d’autrui, rien de tel qu’un film pour remettre les choses en perspectives et appréhender avec plus de justesse le travail effectué. « J’aborde une échéance importante et me prépare en filmant la reprise à l’entrainement », nous confie Corinne qui évolue en Amateur 2. « Le stress monte à une semaine du concours et j’ai la sensation que ma performance est médiocre. Mon entraineur me rassure, m’encourage mais j’ai du mal à entendre ses compliments tant j’ai peur d’échouer. En visualisant la vidéo, je ne suis plus acteur mais spectateur. Je constate avec plaisir que mon coach a raison : ma prestation est vraiment satisfaisante ! Je suis prête à donner le meilleur de moi-même». Pour Cédric, cavalier professionnel évoluant au niveau Pro Elite, la vidéo est utile essentiellement à la maison, lorsqu’il travaille seul. « En concours, mon entraineur est à mes côtés. J’ai entièrement confiance en elle et son analyse me suffit en parallèle des protocoles. A l’entrainement, c’est différent. Comme je ne suis pas toujours encadré, la vidéo est essentielle pour refléter l’image réelle de ma séance. Sur des jeunes chevaux en formation, je constate que je suis parfois moins vigilant sur ma position. Focalisé sur l’apprentissage du cheval, je peux être tenté de la négliger. La vidéo me rappelle à l’ordre et me permet de rester exigeant envers moi même. Je fais mon auto-critique et adapte mon équitation en conséquence. C’est une outil de travail remarquable ». 

 

 

 

Filmer pour optimiser sa performance en compétition 

 

Suis-je sur la bonne voie ? Mon cheval a-t’il évolué ? Mes choix d’entrainement sont-ils les bons ? C’est une réflexion qui revient fréquemment et à laquelle il n’est pas toujours facile de répondre. En concours, les juges vont pouvoir intervenir de manière ponctuelle et extérieure en attribuant des notes qui devraient refléter la qualité de votre entrainement. Néanmoins, une faute imprévue, un stress incontrôlable ou une inexactitude de jugement peuvent rapidement venir entacher le résultat d’un couple pourtant performant. Rien de tel qu’une vidéo pour gagner en lucidité et en compréhension de la performance. Alors qu’une note de 63% peut être à première vue décevante, il est agréable de constater de ses propres yeux que malgré quelques fautes pénalisantes, l’attitude du cheval ou son activité sont dans l’ensemble encourageantes. « J’utilise souvent la vidéo en concours. Il m’arrive d’avoir un mauvais sentiment en sortant de piste et d’être surprise en découvrant une jolie note, ou le contraire », explique Corinne. « Le fait de regarder la vidéo peut donner tord à mes sensations et m’aider à comprendre le jugement. Par exemple, les juges me reprochent parfois d’avoir les rênes trop longues. J’entends ce commentaire mais il n’y a rien de tel que de me voir en vidéo pour corriger radicalement cette tendance». En épreuve, le cavalier est submergé d’informations à traiter et de consignes à respecter. Il doit à la fois être attentif aux réactions de son cheval, au tracé de sa reprise, éventuellement aux éléments extérieurs susceptibles d’influencer sa prestation. Nombreux sont les détails qui risquent de lui échapper. Même bien fourni, aucun protocole ne pourra être aussi complet, fidèle et révélateur pour le cavalier qu’une vidéo restituant la réalité. « L’étude du film est très utile pour approfondir le tracé et gagner en précision. A cheval, je suis dans ma bulle et tout arrive vite. Devant l’écran, j’ai le temps de décortiquer chaque figure en la repassant plusieurs fois si besoin puis d’en tirer les conclusions », continue Corinne.

 

 

 

 

Filmer pour améliorer sa position

 

Si un oeil à pied et des miroirs au mur sont deux indispensables pour améliorer la position du cavalier de dressage, il n’y a rien de tel qu’une vidéo pour provoquer un changement drastique, un déclic. Il se peut qu’un entraineur répète scrupuleusement à chaque séance de baisser la main droite sans pour autant obtenir de changement satisfaisant. Quelques minutes de film peuvent suffire à produire un effet dix fois plus efficace. « En visualisant mes séances, je prends conscience des progrès considérables effectués sur ma position grâce aux commentaires de mon coach et à ma préparation physique en salle de sport », raconte Alexandra, cavalière professionnelle évoluant en Amateur Elite. «C’est une récompense pour tous mes efforts qui m’encourage à persévérer. L’analyse vidéo renforce la relation avec mon entraineur, elle me permet de partager son constat. Nos échanges deviennent plus productifs parce que j’ai la possibilité de me voir à travers son regard, de partager son point de vue et donc de mieux comprendre ce qu’il me demande. Il arrive que le ressenti à cheval n’ait rien à voir avec la réalité visuelle. La vidéo rétablit la vérité, me conforte dans mon travail et permet d’aborder plus sereinement les prochaines échéances». La vidéo aide également à prendre conscience de certaines asymétries difficiles à ressentir. Il n’est pas rare que le cavalier dont on optimise la position se sente paradoxalement plus tordu. Alors que l’entraineur lui confirme « la, tu sens, tu es parfaitement d’aplomb ? », le cavalier, lui, se sent parfaitement de travers. Puisque l’on change ses habitudes, s’il ne visualise pas la position correcte, le cavalier aura du mal à se tenir droit. Même s’il a confiance en son entraineur, il doit accepter d’aller contre son propre sentiment pour s’améliorer. Ce processus sera facilité avec une vidéo à l’appui.

 

N’oublions jamais que l’évolution d’un couple se fait sur du long terme. Afin de garder en mémoire d’où l’on vient tout en maintenant le cap vers où l’on va, la vidéo est une aide précieuse. Elle permet une illustration limpide des progrès en temps réel et plus de clairvoyance sur l’évolution du cheval. « Le frein principal est que je n’ai pas toujours quelqu’un pour me filmer et suis parfois gênée de solliciter mes amis », admet Corinne. Pour s’attaquer au problème, la société Move ’N See a mis sur pied le robot caméraman Pixio capable de suivre le cheval pas à pas sur la carrière. Voici une solution adaptée même pour un individu isolé qui permettra certainement à de nombreux cavaliers d’avoir un compte rendu véridique de leur entrainement. Une fois le constat fait, vous êtes prêts à vous mettre au travail !

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