Technique Dressage : réussir son épaule en dedans

L’Echelle de Progression, document officiel publié par la Fédération Française d’Equitation définit l’épaule en dedans comme un « exercice d’assouplissement dans lequel on maintient les épaules du cheval sur une piste intérieure à celle suivie par les hanches ». Décrite comme l’ « aspirine de l’équitation » capable de soigner tous les maux par le célèbre écuyer portugais Nuno Oliveira, elle est aujourd’hui présente à chaque niveau de compétition amateur et professionnel. Apparue dès le XVIIe siècle, elle est alors utilisée pour soumettre le cheval en renforçant son acceptation des aides, en particulier des jambes. Couramment exécutée sur le cercle, ses vertus d’assouplissement ne passent pas inaperçues.

 

 

 

A travers les siècles, l’épaule en dedans est considérée comme une solution miracle à de nombreux problèmes équestres. Si elle permet d’assouplir le cheval grâce à l’incurvation, elle améliore également l’engagement de ses postérieurs. En effet, elle permet d’augmenter l’activité sans précipiter le cheval dans la vitesse ou perdre le contrôle de l’amplitude. Le postérieur interne est encouragé à s’engager d’avantage. Selon l’Echelle de Progression, « cet assouplissement prépare au rassembler en développant la flexibilité latérale, la liberté des épaules et l’engagement du postérieur interne sous la masse ». Grâce au regain d’équilibre, le contact devient plus moelleux.

 

 

 

Dans l’épaule en dedans, le cheval épouse la forme d’une parenthèse. De la nuque à la queue, il s’incurve tel un croissant autour de la jambe intérieure de son cavalier. Son côté externe se voit étiré, assouplissant notamment les muscles placés le long de la colonne vertébrale tout en sollicitant ceux des épaules et des hanches. En fonction de l’intention du cavalier, elle peut s’exécuter sur trois ou quatre pistes, l’angle variant en conséquence. En compétition de dressage, le juge attend une épaule en dedans sur trois pistes, le cheval se déplaçant d’environ 30° par rapport à la lice. Dans l’art classique du dressage, on peut retrouver des épaules en dedans sur quatre pistes. L’important est de déterminer l’angle souhaité en amont.

 

 

 

 

 

L’épaule en dedans n’est autre que la première foulée d’une volte. La jambe intérieure, toujours longue et descendue, indique au cheval de finalement poursuivre sur la piste. Le cheval s’incurve comme dans le passage de coin, s’arquant en suivant l’angle droit. Aborder cet exercice en sortie de volte ou de coin vous permettra donc de bénéficier d’une bonne incurvation préalable. Attention, l’élément crucial reste la qualité de l’allure. L’activité doit demeurer votre préoccupation principale. En sous activité, l’épaule en dedans sera forcément insatisfaisante. Rien ne sert donc de poursuivre l’exercice si l’impulsion se détériore. Préférez marcher droit le temps de retrouver un rythme convenable puis recommencez. L’épaule en dedans doit absolument jumeler mouvement vers l’avant et mobilité latérale du début à la fin. Une bonne épaule en dedans est également caractérisée par la sortie de l’exercice, que vous choisissiez de remettre droit, de partir en diagonale ou de tourner sur une volte. Gage de maitrise sur la rêne extérieure, cela indiquera si l’execution du mouvement était correcte dans son intégralité.

La position du cavalier

L’essentiel dans cet exercice est de rester détendu. Trop souvent, le cavalier se crispe ou se recroqueville. En espérant aider son cheval à produire une bonne épaule en dedans, il bloque au contraire le mouvement. La règle numéro un est de rester concentré sur sa position sans jamais la laisser se dégrader. Le cavalier cherche à se grandir, à ouvrir ses omoplates, à sortir sa poitrine en veillant à une bonne respiration. Tout en gardant ses coudes au corps, il maintient ses épaules parallèles à celles de son partenaire. L’épaule interne doit sensiblement se reculer afin de partager un axe commun avec le poitrail du cheval. Ses mains restent ensemble, chacune de son côté du garrot. Tirer sur la rêne intérieure encouragerait un excès de flexion de l’encolure au dépend du déplacement des épaules. Au contraire, le contact sur la rêne extérieure associé à l’action de la jambe intérieure produit l’épaule en dedans. Il garantit la préservation de l’angle souhaité alors que la main opposée, dans un contact moelleux, recueille une légère flexion de la ganache. Le cavalier doit alors apercevoir le coin de l’oeil de son cheval. La jambe intérieure reste fixe à la sangle afin de conserver le cheval sur la piste. En se reculant, elle risquerait de chasser les hanches, l’arrière main du cheval dérapant vers l’extérieur. Or, c’est bien la mobilité des épaules qui est recherchée, il est donc préférable que la jambe extérieure se recule discrètement dans un souci de contrôle du postérieur externe. En selle, le poids du corps de déplace légèrement sur l’étrier intérieur et le buste ne bascule en aucun cas vers l’arrière.

 

 

No Comments

Post a Comment