Technique Dressage : le ferme à ferme

LE FERME A FERME, UN INCONTOURNABLE

 

A la portée de tous les chevaux et cavaliers, le ferme à ferme est un élément primordial dans l’apprentissage du rassembler. De fait, il demande beaucoup d’entraînement et de rigueur mais également de condition physique et de sentiment. Marietta Almasy, juge internationale de dressage, nous révèle quelques exercices de préparation et conseils de présentation pour bien réussir ce mouvement fondamental.

 

Passage obligé quel que soit le niveau de compétition escompté, le ferme à ferme se décompose en cinq parties : le galop, la transition descendante, le pas, la transition montante et le galop à nouveau. S’il apparaît dès l’âge de cinq ans dans les reprises de dressage, c’est parce qu’il fait partie des fondations de l’entraînement du jeune cheval. «C’est l’une des prémices du rassembler. Avant même d’aborder les pirouettes, le piaffer ou tout simplement les transitions galop-arrêt présentes dès le niveau C, le cavalier découvre le sentiment du cheval qui se tient dans le ferme à ferme», estime Marietta.

 

Certains chevaux montrent une prédisposition naturelle à l’exécution de bons ferme à ferme mais tous sont capables à terme d’exécuter correctement cette figure. De plus, la vitesse et la facilité avec lesquelles le cheval va intégrer l’exercice n’a rien à voir avec sa qualité future. «Généralement, nous abordons les ferme à ferme vers cinq ans. Néanmoins, chaque cheval fonctionne à son rythme selon ses aptitudes et l’éducation qu’il a reçue en amont. Il n’est ni rare ni inquiétant qu’un cheval nécessite une année complète pour être totalement calé dans les ferme à ferme. C’est parfois le temps nécessaire pour basculer d’avantage de poids sur les hanches». Pour produire un bon ferme à ferme, il est indispensable que le cavalier écoute son cheval et sente le galop. «Il ne faut demander ce mouvement que si le cheval est tout à fait prêt, en équilibre. Il s’agit de poser le cheval dans le pas et non qu’il s’y plante», insiste-t’elle.

 

Pour Mado Pinto, médaille de bronze au championnat d’Europe Children à seulement treize ans, la méthode est simple. «Tout d’abord, je ralentis le galop jusqu’à ce qu’il soit pratiquement à la vitesse du pas mais sans que le cheval passe derrière les jambes et en gardant beaucoup d’activité. Ensuite, je fais plusieurs transitions du galop de travail vers le galop rassemblé et vice versa. Je ne passe au pas qu’une fois ces variations parfaitement assimilées». A la juge internationale de confirmer qu’il faut résister à la tentation de tirer vers l’arrière, de monter les mains ou reculer le buste. «Les aides doivent être claires et précises mais jamais excessives afin d’éviter une transition abrupte. Plus qu’avec ses mains, c’est avec son dos que le cavalier prépare puis demande la transition descendante».

 

La nuance est subtile entre une transition au trot, au pas ou à l’arrêt et pour éviter toute confusion, le cavalier doit jouer d’une grande subtilité. «Le ferme à ferme l’exercice le plus compliqué à mon niveau de compétition», concède Mado. «Mon cheval les réalise très bien mais il ne faut pas que je recule trop ma main quand il passe au pas ou il a tendance à piaffer puisqu’il a beaucoup de facilité dans cet exercice. Au début, c’était compliqué. Maintenant, c’est nettement mieux car à l’entrainement puis à la détente je reste au pas très longtemps pour qu’il sache qu’il doit attendre avant de repartir au galop».

 

Le mental, la conformation et la pureté des allures sont autant de critères susceptibles de faciliter l’exécution de cet enchaînement de transitions. «D’après mon expérience, les chevaux froids voir paresseux vont plus rapidement comprendre le mécanisme des transitions galop-pas. De leur côté, les chevaux plutôt chauds nécessiteront d’avantage de rigueur de la part du cavalier pour ne pas trottiner. La décontraction instantanée dans le pas sera plus longue à obtenir», observe Marietta. «Un cheval avec un galop intrinsèquement en équilibre et rond grâce à des postérieurs et un dos bien en place devrait manifester plus d’aisance dans le ferme à ferme. Un galop parfaitement à trois temps et un pas clairement à quatre temps sont évidemment indispensables». En effet, au galop rassemblé, lorsque la taille des foulées est contrôlée sans diminution de l’activité des postérieurs, le cheval peut avoir tendance à perdre le rythme. Dans les trois à cinq foulées de pas séparant la transition descendante de la transition montante, la pureté de l’allure est susceptible de se dégrader. Latéralisation et précipitation menacent de détériorer le mouvement si la qualité de base du pas est insuffisante ou si l’anticipation du départ au galop est trop grande.

 

 

 

 

1) Les exercices de préparation

  • confirmer la fluidité des transitions galop-trot et trot-galop afin d’automatiser la réaction aux aides
  • multiplier les voltes de dix mètres au galop dans l’optique d’améliorer le rassemblé en basculant du poids sur les hanches
  • accumuler les transitions à l’intérieur du galop (allongé, moyen, de travail, rassemblé) pour augmenter l’activité des postérieurs malgré le contrôle de la taille des foulées
  • utiliser le travail latéral (tête au mur, épaules en dedans, hanches en dedans, cession à la jambes) pour inciter le cheval à fléchir ses hanches et mobiliser son arrière main en vue d’approfondir son équilibre
  • commencer par dissocier les transitions pas-galop et galop-pas
  • accepter une foulée de trot dans les premières transitions pas-galop
  • partir dans un galop soutenu et continuer le temps d’un cercle avant de recommencerl’exercice
  • demander les premières transitions au pas en fin de volte afin que le pare-bottes ou lalice encourage le cheval à passer au pas
  • réaliser les trois quart d’une volte au galop à droite, s’aider du pare-bottes pour latransition descendante, tourner à gauche puis repartir au galop à gauche
  • durant l’apprentissage, se satisfaire de peu et toujours récompenser les efforts de soncheval même si les transitions sont encore imparfaites

 

 

 

 

2) Ce que le juge souhaite voir

    • le rythme du galop bien à trois temps avant et après le ferme à ferme
    • la préparation de la transition descendante avec un cheval qui vient galoper sur place enabaissant les hanches
    • le moelleux du contact dans les transitions
    • la netteté de la transition descendante ni trop abrupte (l’arrêt) ni trop diluée (letrottinement)
    • la rectitude
    • la légère flexion adaptée au côté du galop
    • le rythme du pas bien à quatre temps avec trois à cinq foulées
    • la précision du tracé : le ferme à ferme de part et d’autre de la lettre indiquée avec un passage au pas juste avant et un départ au galop juste après
    • la netteté de la transition montante directement dans le galop et sur le bon pied
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