Technique Dressage : la correction de l’allure

La Fédération Française d’Equitation a produit en 2014 un document intitulé Echelle de progression et Lexique du Dressage établi sous la directive d’Alain Francqueville (alors sélectionneur national) à partir du règlement de la Fédération Equestre Internationale (FEI), des directives FEI pour les juges et du règlement des compétitions de la FFE. Son objectif est de définir le plus précisément possible les termes relatifs au dressage. Il s’agit notamment d’expliciter les différents éléments constitutifs de la correction de l’allure, éléments que l’on retrouve également dans les cases des protocoles de dressage réservées aux «idées directrices».

 

Les qualités d’un cheval bien dressé – soit «calme, en avant, droit» – sont illustrées notamment au travers de la correction de ses allures qui doit, tout au long de l’entrainement, demeurer un élément central. L’échelle de progression précise que le cavalier doit avoir comme «préoccupation constante la locomotion correcte de chaque allure à travers l’impulsion et la régularité». A aucun moment dans l’entrainement du cheval le soucis de correction des allures ne doit être négligé en faveur d’autres exigences.

 

 

Afin d’assurer cette correction, le cavalier doit être attentif à trois facteurs clés.

Le premier élément est le rythme. Similaire à un métronome ou à un balancier, il caractérise chaque allure et se définit comme la répartition des durées entre les poser des membres. Le bon rythme doit être de quatre temps égaux au pas, deux temps égaux au trot et trois temps «inégaux» au galop dont une phase de projection clairement marquée. La rupture du rythme peut être due soit à un manquement dans l’entraînement soit à un problème de santé. Il peut se détecter notamment dans un pas latéral ou à l’amble, un galop rompu ou un trot irrégulier. Le rythme vient avec l’équilibre et peut donc être plus difficile à trouver avec un jeune cheval moins avancé dans son travail. Chaque cheval a un rythme naturel qui lui est propre. Il est du devoir du cavalier de le maintenir ou de l’améliorer. Dès l’instant où le cavalier se met en selle et débute l’entraînement au pas, il doit rechercher le bon rythme.

 

 

Le second élément de la correction de l’allure défini dans l’échelle de progression est la vitesse. Elle est décrite dans l’échelle de progression comme l’activité des postérieurs produite par l’impulsion assurant l’énergie sans induire la précipitation. La FEI complète cette définition en rappelant que les jarrets du cheval doivent se déplacer vers l’avant plutôt que vers le haut et certainement pas vers l’arrière. On qualifie un cheval qui précipite comme un cheval «qui court». La vitesse doit être maintenue à l’intérieur d’une allure donnée (rassemblée, de travail, moyenne, allongée) quelque soit le mouvement ou l’enchainement de mouvement exécuté par le cheval : volte, travail latéral… Il est essentiel pour le bon entraînement du cheval de pouvoir varier la vitesse dans chacune des trois allures et de la maîtriser afin de ne pas aller trop vite ou trop lentement, ce qui serait, comme toute instabilité dans la vitesse, fortement sanctionné en compétition. Dans la pratique, si un cheval va trop lentement on peut avoir le sentiment qu’il est plus souple dans son dos et pourtant ses postérieurs vont ralentir jusqu’à être en sous activité. Au contraire, s’il va trop vite, il perd cette souplesse naturelle et ne prend plus le temps de se servir de la totalité de son corps à chaque foulée. La difficulté est de créer la souplesse tout en maintenant l’activité. Lorsque ces deux ingrédients sont réunis, c’est que le cheval a atteint le bon rythme.

 

 

Le troisième et dernier élément de la correction de l’allure selon l’échelle de progression est le terme de cadence, soit la fréquence du poser d’un membre de référence. La cadence en dressage pourrait être comparée à la notion de tempo en musique. C’est une notion indépendante du rythme. La cadence peut rester correcte même si le rythme (par exemple les quatre temps du pas) est dégradé. Concrètement, il faudra veiller à maintenir la cadence dans les transitions à l’intérieur et entre les allures en soignant la rapidité des postérieurs ainsi que dans les exercices afin d’assurer le maintien de l’équilibre. Dans la pratique, il faudra veiller à ne pas tenter d’impulser à son cheval un trot excessivement stylisé, ce qui risquerait d’aller à l’encontre de l’échelle de progression en favorisant le spectaculaire et en négligeant la qualité du contact et la souplesse du dos.

 

 

De son côté, la FEI ajoute le terme d’impulsion, la transmission d’une énergie  propulsive et contrôlée générée par les postérieurs du cheval dans son mouvement. L’impulsion est détectable dans les allures ayant un temps de suspension et elle est une condition sine qua non du rassembler. L’impulsion, qui correspond à une projection (phase à laquelle les membres ne sont plus en contact avec le sol) et non à de la précipitation, donne l’expression aux allures.

 

 

Le document fédéral rappelle que l’objectif numéro un de l’entraînement du cheval doit être de placer en priorité la correction de la locomotion en soignant le rythme, la vitesse et la cadence et de revenir à cette base chaque fois que cela sera nécessaire. Cela est valable pour tous les chevaux, à tous les niveaux de dressage et ne devra jamais être sous estimé.

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