Technique Dressage : Le galop à faux, quand et comment ?

Le galop à faux apparait dans les épreuves jeunes chevaux à partir de l’âge de cinq ans et dès les épreuves amateur 3. Outil pertinent pour tester la qualité du dressage, il est aussi un tremplin avéré pour atteindre les mouvements de niveau supérieur. Accessible à tous les cavaliers et chevaux quels que soient leur niveau et ambition, certains pré-requis sont néanmoins à prendre en compte afin d’aborder sereinement le galop à faux. 

Dans un premier temps, il est indispensable de contrôler la vitesse et l’amplitude, multipliant les variations à l’intérieur de l’allure. Votre cheval doit être capable de developper ses foulées sans précipiter, réduire ses foulées sans ralentir. Cela va de paire avec une maitrise absolue du rythme, les trois temps du galop étant religieusement conservés à chaque instant. Pour ce faire l’équilibre doit être maintenu tant en ligne droite que sur la courbe. La taille des foulées, modifiée à souhait, ne doit en aucun cas détériorer la justesse du galop. Avant de galoper à faux, le cheval doit être à l’aise sur le cercle puis sur la volte, (voir le Technique Dressage sur la volte) illustration de son aptitude à se rassembler et à s’incurver. Inutile sans contrôle de l’allure de démarrer cet exercice qui demande à la fois stabilité, régularité et perméabilité. 

Attention, le galop à faux ne peut être envisagé sans rectitude. À juste, assurez-vous que le cheval galope en ligne, épaules légèrement devant les hanches tout en canalisant le postérieur externe. Légèrement fléchi sans jamais être tordu, il doit rester perméable au contact. Egal sur les deux rênes, les postérieurs se posent dans la trace des antérieurs en ligne droite comme sur le cercle. Le contrôle sur la rêne extérieure est en cela primordial. Sans rectitude, le cheval ne peut prétendre au rassemblé nécessaire au galop à faux. Si le galop à faux est une gymnastique bénéfique pour redresser un cheval traversé, l’absence de rectitude jumelée à un équilibre défaillant rendra l’apprentissage du contre galop ardu.

Afin d’éviter le classique piège du changement de pied, le cheval devra se tendre avec franchise dans votre couloir de rênes et respecter vos aides, d’ou l’importance de précision et tenue chez le cavalier. Au galop à faux à main gauche sur le pied droit, la jambe gauche est sensiblement reculée afin d’assurer le contrôle des hanches et indiquer le côté du galop. La jambe droite est maintenue descendue à la sangle, confortant la flexion et l’impulsion. Les épaules du cavalier se tournent subtilement vers la droite afin d‘accompagner une légère flexion en ce sens. Le poids du corps reste équilibré dans les deux étriers avec une tendance à s’asseoir d’avantage du côté du galop. N’exagérez pas la flexion en tentant de sauver le galop à faux, elle risquerait de mettre en péril la rectitude. Renforcez vos aides ponctuellement si le cheval peine mais relâchez-vous aussitôt. Trop de main intérieure ou de jambe extérieure pourrait nuire à l’exercice. Le cheval parfaitement droit sur les deux rênes, maintenez le galop à faux par le simple code de vos jambes. Vous devez à terme pouvoir déplacer ses épaules et ses hanches, jouer entre flexion et contre flexion sans jamais pour autant perturber le galop à faux. 

8 étapes vers le galop à faux 

  1. À juste, une fois la rectitude assurée contre la piste, quittez la pour galoper en piste intérieure. La ligne du quart vous permettra de tester l’indépendance de votre cheval au pare botte, son attention aux aides et sa capacité à se porter de lui même. 
  2. En bout de carrière, exécutez un demi cercle d’une douzaine de mètres (adapter la largeur de la courbe au niveau/âge du cheval) rejoignant la piste à mi grand côté par une oblique en atténuant l’angle au galop à faux. Demandez une transition au trot avant le coin. 
  3. L’étape suivante implique une ligne courbe dont le tracé pourra être accommodée au fur et à mesure. Dans un premier temps, la trajectoire sera dirigée vers la première ligne du quart alors que l’angle en sera évasé et arrondi. Par la suite, visez X pour revenir plus rapidement vers la piste, resserrant le tournant au galop à faux. 
  4. Pour complexifier l’exercice, dessinez une demi volte d’une dizaine de mètres rejoignant le milieu du grand côté (en E ou B). Enchainez avec une ligne courbe échancrée qui vous permettra de revenir immédiatement à juste. Veillez à couper les angles en les allongeant à volonté. 
  5. Reproduisez cette même demi volte suivi cette fois d’un demi cercle de vingt mètres au galop à faux éloigné de la piste afin d’éviter les coins et de laisser une option pour revenir à juste si l’exercice se présente mal. Revenez à juste par une demi diagonale en développant la foulée. 
  6. Répétez cet exercice en conservant le galop à faux une longueur additionnelle voire même un second demi cercle de vingt mètres au galop à faux. 
  7. Mettez à l’épreuve l’aisance de votre galop à faux sur une serpentine de trois boucles.
  8. Perfectionnez l’allure en enchaînant galop moyen sur un cercle de vingt mètres à juste et galop de travail sur un cercle de vingt mètres à faux. Répliquez cette combinaison plusieurs fois jusqu’à optimisation de l’équilibre et de l’amplitude. 

Patience étant mère de sureté, veillez à ne bruler aucune étape. Le dressage d’un cheval progressant rarement de manière linéaire, n’hésitez pas à revenir en arrière pour le conforter dans ses acquis. En matière de galop à faux, la graduation de vos exigences assurera à terme la quiétude de votre cheval dans un exercice fondamental à sa progression. 

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