Remettre son cheval en route après le confinement

L’après confinement : comment réintroduire l’entrainement 

Si par chance le Covid 19 ne peut atteindre nos amis les chevaux, bon nombre d’entre eux auront malgré tout vu leur quotidien modifié en cette période de confinement. En l’absence de leur propriétaire, l’entrainement de certains aura été considérablement diminué voire totalement suspendu. Dans le meilleur des cas, ceux-ci auront profité de vacances au pré mais d’autres auront connu une période d’inactivité préoccupante. À votre retour aux écuries, vous risquez d’être nombreux à déplorer une dégradation générale de la condition physique de votre partenaire : perte de muscles, prise de poids, baisse de moral … Pas de panique ! Vigilance et patience permettront un retour à la normale en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Cette parenthèse ne sera bientôt qu’un mauvais souvenir dans votre parcours équestre. 

Tout vient à point à qui sait attendre 

Il n’y a aucune raison pour que votre cheval ne récupère pas sa forme et son niveau d’avant confinement. C’est une question de temps et de méthode. Les trois volets principaux à prendre en compte sont la santé, le physique et le moral. Si votre cheval a manqué d’exercice et d’interactions durant cette période exceptionnelle, il va avoir besoin de toute votre attention pour retrouver sa vie d’avant. Passez du temps avec lui pour renforcer la relation. Votre absence l’aura forcément affecté et chaque instant passé ensemble le réconfortera. Pansez-le, faites le brouter, amenez-lui des carottes et dispensez-lui un maximum de caresses, un remède agréable et efficace. 

Le bilan santé

Avant de commencer, assurez-vous auprès du vétérinaire que votre cheval est en bonne santé. Est-il à jour de dentiste, maréchal, ostéopathe ? A-t’il pu être correctement vacciné et vermifugé durant le confinement ? Un bilan clinique est d’actualité afin de vérifier son état général et locomoteur. Le manque d’activité peut avoir entrainé des conséquences telles que l’engorgement des membres ou des problèmes intestinaux. Si votre cheval est fortement démusclé ou que son poids a remarquablement changé, un professionnel de santé pourra vous guider dans la démarche à suivre. Il est essentiel d’adapter les rations de nourriture à son activité physique. 

Remise en forme : gare aux courbatures

Progressivité doit être le maitre mot de cette remise en état. Piaffant d’impatience de vous remettre en selle, vous n’aurez vraisemblablement qu’une hâte : reprendre l’entraînement là où vous l’aviez laissé ! Dans l’intérêt de votre partenaire, il va falloir résister à cette tentation. Pas question de monter sept jours sur sept en explorant tout votre répertoire d’exercices de dressage. Si l’entrainement de votre cheval a été totalement stoppé durant plusieurs semaines, il va vous falloir encore patienter avant de remettre le pied à l’étrier. Dans un premier temps, il serait bénéfique de reprendre le travail à pied. Evidemment si votre cheval est très peu sorti durant plusieurs semaines, il risque d’être agité. Dans ce cas, mieux vaut éviter de le lâcher immédiatement en liberté, il risquerait de se blesser. Si vous avez à disposition un marcheur dans lequel votre cheval à l’habitude de se mouvoir, c’est le moment d’en profiter. Votre meilleur allié à ce stade : la longe. L’objectif est de graduellement remettre en place une gymnastique permettant à votre cheval d’assouplir sa musculature, de dérouiller ses articulations, de reprendre du souffle mais également de redevenir attentif à vos indications. Au début, une vingtaine de minutes de longe suffiront. Comme vous, il aura certainement perdu en condition physique et en souffle. Des phases de repos vont devoir être intégrées aussi souvent que les premiers signes d’inconfort se feront ressentir : respiration bruyante, hyperventilation des naseaux, mouvements accélérés de la cage thoracique. Fractionner l’entrainement aidera le cheval à retrouver petit à petit sa capacité cardio-respiratoire. Accordez à votre cheval des temps de récupération proportionnels aux temps d’effort. 

Après avoir longuement marché au pas, multipliez les transitions d’abord au pas et au trot puis dans les jours suivants aux trois allures et aux deux mains sur une large courbe. Varier l’amplitude et la trajectoire permettra de réintroduire progressivement vos codes, votre cheval retrouvant petit à petit ses habitudes pour devenir attentif à votre moindre indication. Répétez la longe plusieurs jours de suite en augmentant chaque jour la durée d’entrainement sans oublier les pauses. Intégrez des jours de repos avec marche en main ou liberté. Choisissez un enrênement qui orientera votre cheval correctement sans le contraindre excessivement. Au fur et à mesure des séances, adaptez-le pour encourager une attitude de stretching qui améliorera le fonctionnement de l’ensemble de la ligne du dos. Demandez chaque fois plus d’impulsion, d’engagement, de réactivité. Après plusieurs séances de longe, vous pouvez remplacer le surfaix par la selle afin que le cheval se familiarise à nouveau avec la sensation. 

Remise en selle : étirements et transitions

Il est temps de chausser vos bottes et de mettre votre casque pour reprendre votre entrainement de cavalier. Il va sans dire que ceux d’entre vous qui auront profité du confinement pour se renforcer musculairement trouveront cette reprise plus facile que les autres ! Si cette pause dans l’activité équestre à permis de parfaire votre gainage, vos abdominaux, vos dorsaux, votre cardio ainsi que l’ensemble de votre physique, le retour en selle sera nettement plus aisé. Sinon, vous risquez de partager les courbatures de votre cheval. Attention, reprendre progressivement ne veut pas dire être paresseux. Le temps de gymnastique doit être adapté mais pas question d’évoluer au ralenti avec un cheval en vrac. Ce dernier doit impérativement être dans les aides, sur la main, réactif et connecté, en avant dans l’impulsion et dans la rectitude. Faites des choses simples mais faites-les bien. Pour l’instant, multipliez les cercles et les lignes droites en continuant d’améliorer les transitions jusqu’à ce que les réactions du cheval soient tout à fait en adéquation avec vos demandes. Contentez-vous d’une attitude basse et ronde. Marchez longtemps avant et après la détente. Répétez ce type de séance durant quelques jours sans être trop gourmand mais en augmentant très progressivement à la fois la durée de l’entrainement et votre niveau d’exigences. Même si vous êtes en manque d’équitation, n’abusez pas des bonnes choses. Après une trêve de plusieurs semaines ou mois, votre cheval a besoin de temps de récupération. Alternez les jours d’entrainement avec des jours de repos au paddock ou en liberté. Si cela ne présence aucun risque, dans un environnement calme avec un cheval fiable, il est concevable de réintroduire les balade en extérieur à ce stade. De longues marches au pas en dehors du manège seront bénéfiques autant au corps qu’à l’esprit.

Une fois votre cheval à l’aise aux deux mains et aux trois allures, il est envisageable de réintégrer du travail latéral si votre cheval le maitrisait avant son arrêt. Commencez avec de légères épaules en dedans et cessions à la jambe sans trop de croisement. D’abord au trot puis au galop, laissez le temps au cheval de se stabiliser sur cet exercice avant de demander plus de parallélisme et de mouvement latéral. Lorsque votre cheval sera assoupli, à l’aise aux deux mains, vous pourrez ajouter de la difficulté avec les têtes au mur, croupes au mur, appuyers. De la même manière, ne demandez pas de ligne de changements de pied du premier coup mais reprenez tranquillement avec les isolés durant quelques séances avant de complexifier les exercices. Voilà, le tour est joué ! À ce stade, vous aurez fait le plus dur et apercevrez certainement la lumière au fond du tunnel. Encore quelques efforts et la préparation des concours ne vous semblera plus si éloignée…

No Comments

Post a Comment