La séance type d’un cheval de dressage

L’équipe de Pamfou Dressage prend en charge des chevaux très différents pour des cavaliers dont l’expérience et les objectifs varient : chevaux de compétition ou non, chevaux allant du niveau D au Grand Prix. L’entrainement dispensé est adapté aux besoins particuliers de chacun.

 

La règle principale à Pamfou Dressage est de ne pas faire de l’entrainement monté l’unique activité du cheval mais au contraire de varier ses occupations. « La diversification et la multiplication des sorties sont les clés d’un bon entrainement », affirme Isabelle Judet. « Un cheval est plus attentif et volontaire s’il a l’esprit positif et détendu ». Lire l’article La semaine type d’un cheval de dressage

 

Les chevaux commencent par marcher au pas en main cinq à dix minutes. Cet échauffement est l’occasion de s’habituer à la selle et à la sangle avant que ne soit ajouté le poids du cavalier. Un fois en selle, le cavalier doit prendre le temps de marcher encore cinq à dix minutes supplémentaires.

 

 

Une détente de quinze ou vingt minutes va suivre. C’est au cavalier de sentir ce dont son cheval a besoin le jour J et d’adapter la construction de la séance en conséquence. Bien sur, mieux le cavalier connait son cheval, plus il observe son comportement et plus il est à même de choisir judicieusement la formule optimale.

 

« J’ai une certaine routine avec mes chevaux. Je prends toujours du temps pour la détente mais celle-ci n’est pas tous les jours rigoureusement identique. Un schéma trop répétitif risquerait d’engendrer ennui et anticipation. Je peux aussi bien débuter avec de très longues cessions à la jambe au pas qu’avec du trot la tête en bas. Avec quelques chevaux, nous privilégions une détente au galop. Il m’arrive d’opter pour quelques tours de longe avant de me mettre en selle surtout après un jour de repos ». (Corentin)

 

 

Durant la détente, nous gardons des rênes plutôt longues et encourageons les chevaux à avancer. Au trot enlevé et au galop (éventuellement en suspension), nous favorisons les lignes droites et les grands cercles. Nous multiplions les transitions entre puis à l’intérieur des allures. Le cavalier doit veiller à rester attentif aux réactions de son cheval. Dans certain cas, les lendemain de repos sont difficiles. Les chevaux sont plus distraits, moins conciliants. Adaptez-vous !

« Gotcha n’est jamais très facile au retour de vacances. Il a du mal à se concentrer. Autrefois, cela avait tendance à m’agacer. Aujourd’hui, j’anticipe et je prévois quelques jours de gymnastique très simple avant de reprendre progressivement les exercices ». (Corentin)

 

Il faut se laisser guider sans avoir d’idée préconçue. Impossible en dressage de se réveiller le matin avec l’envie de faire des changements de pied ! Impossible de prévoir ! Tout est dans la faculté d’adaptation.

« Certains jours, je me mets en selle et mon cheval se dirige immédiatement vers la forêt ! Qu’à cela ne tienne, une petite balade va nous réveiller ! Si vous voulez que votre cheval vous fasse plaisir en se concentrant au travail, soyez également attentif à ses envies. Un cheval d’habitude dynamique peut exceptionnellement se montrer lymphatique. Aucun problème ! Ce jour là, quelques tours de trot la tête en bas et au paddock ! Demain est un autre jour et votre cheval se montrera certainement plus enthousiaste à l’entrainement ! » (Camille)

 

Après une détente d’une quinzaine de minutes,  le cavalier va pouvoir intégrer quelques exercices d’échauffement simples : cessions à la jambes au trot et au galop, galop à faux …

 

« J’aime entreprendre quelques exercices en restant au trot enlevé et en maintenant la nuque du cheval un peu plus basse, de quoi le solliciter de manière progressive en m’assurant qu’il évolue dans la relaxation. Il est essentiel que le cheval puisse réaliser à tout moment n’importe quel exercice dans toutes les attitudes, pas seulement en attitude de présentation avec la nuque le point le plus haut ». (Isabelle)

 

Une fois par semaine, sur un total de quatre séances montées, l’entrainement peut se clôturer sur cette détente d’une vingtaine de minutes.

 

Trois fois par semaine, le cavalier peut construire une séance plus complète en axant le travail sur quelques exercices intelligemment choisis. Un cheval ne peut pas exécuter tous les mouvements de son répertoir dans une seule séance. Vingt minutes de travail après la détente sont suffisantes pour muscler votre cheval et parfaire son apprentissage sans l’asphyxier d’efforts ou le dégoûter. Mieux vaut choisir un ou deux exercices et les préparer correctement avec les échauffements adéquats que de faire un peu de tout à moitié.

 

« Généralement, je choisis de me concentrer sur un mouvement au trot et un mouvement au galop. Si je choisis les appuyers au trot je vais préparer cet exercice avec des épaules en dedans, des têtes au mur, des voltes. Je vais d’abord faire des appuyers très longs pour ensuite demander d’avantage de croisement. Si je me concentre sur les pirouettes au galop, je vais débuter avec des variations dans l’allure vers le galop sur place et utiliser les dérivés de la pirouette : épaule en dedans, tête au mur, appuyer, hanches en dedans sur le cercle, quart de pirouette … J’évite de reproduire à outrance la pirouette de la reprise, répétition fastidieuse risquant d’entrainer trop d’anticipation de la part du cheval ». (Camille)

 

 

Il faut savoir faire des choix et évoluer avec mesure. Le jour ou le cavalier met l’accent sur la pirouette au galop, insister sur le piaffer solliciterait excessivement son cheval dans le rassemblé. Il serait plus judicieux de jumeler deux exercices complémentaires qui font appel à des facultés différentes. Au delà d’une gymnastique physique hétérogène, cela fait réfléchir le cheval, le divertit et l’encourage à s’adapter rapidement.

 

« Lorsque vous abordez une difficulté, n’en demandez pas trop et pas trop longtemps. Préférez la répétition à l’accumulation. Si le cheval vous donne quelques excellentes foulées de l’exercice souhaité, félicitez le en cessant le mouvement quitte à le reprendre ensuite. Alternez un effort avec un moment de détente, récompensez une difficulté bien exécutée avec une demande plus facile à satisfaire. Votre cheval fait l’effort de prendre beaucoup de poids sur les hanches dans une pirouette très serrée ? Manifestez votre contentement en l’élargissant. Ne soyez pas trop gourmand, votre cheval ne s’en appliquera que d’avantage ! » (Isabelle)

 

Ne négligez pas la récupération active, elle est absolument essentielle pour le bien être de votre cheval. Il est hors de question de rentrer un cheval au boxe s’il est encore essoufflé ou tendu musculairement. Il est indispensable de déplier votre cheval quelques minutes au trot enlevé en fin de séance, un étirement qui lui évitera les courbatures et l’aidera à reprendre son souffle. Ensuite, marchez le le plus longtemps possible, au minimum dix minutes. Il est primordial que le cheval sorte une seconde fois dans la journée pour continuer d’éliminer les toxines.

 

Après une séance plus intense, accordez du repos à votre cheval. N’enchainez pas plus de deux séances intensives, cela vous évitera d’accumuler des douleurs musculaires et permettra à votre cheval de décompresser mentalement.

 

Tout au long de votre séance, n’oubliez pas les pauses ! Quelle que soit l’intensité de votre entrainement, celles-ci ne seront jamais trop fréquentes. Elle sont indispensables pour deux raisons : votre cheval doit récupérer en toute liberté entre deux exercices ; il doit apprendre à se remettre rapidement au travail après avoir marché au pas rênes longues.

« Dès la détente, il est indispensable d’entrecouper l’entraînement de nombreuses pauses. Le plus souvent, je trotte enlevé aux deux mains, je fais un pause de deux tours, je reprends le trot puis le galop, je fais un nouvelle pause, puis je répète le galop à l’autre main. Il faut apprendre à écouter son cheval, sa respiration ». (Corentin)

« Lorsque je choisis de travailler les lignes de changements de pied, je débute souvent en multipliant les changements isolés sur la piste. Je vais d’abord en faire quatre sans compter sur une longueur. Si tout va bien, je vais construire progressivement mon travail en enchainant avec les quatre temps. Après une pause, je vais sans doute enchainer les trois et les deux temps avant de donner à nouveau un temps mort au cheval. Seulement ensuite vais-je aborder les changements de pied au temps. Attention, la difficulté est de ne pas négliger la pause même si l’exercice ne fonctionne pas instantanément comme vous le souhaitez. Le risque est de vouloir obtenir un résultat parfait en oubliant de laisser le cheval souffler. Souvent, cela ne fait qu’empirer la situation. Donner un pause ne veut pas dire laisser tomber. Au contraire, cela laisse à chacun le temps de se re concentrer, de se décontracter pour mieux reprendre l’exercice ». (Camille)

 

N’oubliez pas, vous êtes le professeur de sport de votre cheval. Votre mission en tant que cavalier est de le guider dans la gymnastique qui convient le mieux à ses besoins. Vous ne travaillez pas un exercice parce qu’il vous fait plaisir mais parce qu’il est utile pour améliorer le physique de votre cheval à un moment T.

 

 

Pour prendre l’entière mesure de cette recommandation, inscrivez-vous dès maintenant à la salle de sport ! En plus d’être une belle résolution pour 2016 et une excellente préparation physique pour monter à cheval, cette activité vous fera prendre conscience des difficultés auxquelles peuvent être confrontés les chevaux de sport ! Commencez par ne serait-ce que cinq minutes de gainage. Vous comprendrez le lendemain au réveil pourquoi il ne faut pas abuser des talents de votre cheval, même si cela vous fait très plaisir 🙂

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