Conseil de Juge n°50 : RLM – musique et chorégraphie

Musique, chorégraphie, degré de difficulté

 

Une reprise libre ne porte ce nom que parce que la succession des mouvements, leur agencement, leur enchaînement est laissé à la discrétion du cavalier. C’est ce qui sera noté sous l’appellation chorégraphie. La série de mouvements imposés dépendra du niveau de la reprise. Jamais le couple ne doit montrer des figures dont la difficulté excède le niveau concerné : par exemple pas de pirouettes au galop au niveau B ou pas de piaffer de D même si votre cheval y excelle !!! Par contre un enchaînement peut être plus difficile et (ou) plus original qu’un autre.

 

Le choix de la musique doit bien sur être fait selon ses goûts personnels mais n’oubliez pas que le but est de plaire à un jury dont bien sur vous ne connaissez pas les goûts. Ceci étant la quadrature du cercle, commencez par sélectionner des musiques qui collent à votre cheval. Pas de musique tonitruante pour un cheval léger et aérien, pas de musique légère pour un gros lourdaud !!!

 

Reprenons donc ces trois éléments dans l’ordre. La chorégraphie : rien de plus ennuyeux pour le juge qu’une reprise qui reproduirait les lignes des reprises classiques. Évitez donc les enchaînements des tracés des reprises imposées ou tout au moins limitez les au maximum. À l’opposé, il ne s’agit pas non plus de tortiller au maximum un tracé sous prétexte d’originalité ! Vous pouvez bien sur commencer par l’allure que vous souhaitez ou entremêler les allures en ne faisant pas tout le trot puis tout le pas puis tout le galop. Mais encore une fois n’abusez pas de ce procédé et ne découpez pas exagérément les séquences de pas de trot ou de galop : cela à tendance à casser le rythme. Utilisez tout le terrain et gardez une certaine symétrie sans toutefois faire succéder les mouvements à une main par les mêmes à l’autre. Il faut à la fois surprendre le juge mais ne pas l’entraîner trop loin dans des chemins où l’on peinera à se retrouver ! Originalité ne signifie pas fouillis … Bien sûr on ne peut pas réinventer à l’infini des lignes et des tracés mais certains sont plus harmonieux que d’autres. Mon conseil est de retranscrire sa reprise sur papier en dessinant un rectangle et en l’ y déroulant au crayon. Vous verrez si tout l’espace est à peu près également occupé.

 

Le degré de difficulté, règle numéro un : se connaître soi même ainsi que son cheval. Ne vous surestimez pas et ne planifiez de faire que ce dont vous êtes capable. Ceci étant dit il faut ajouter la règle simple que n’est autorisé que ce qui est dans le niveau de difficulté des reprises imposées correspondantes : par exemple pas de ligne de 4 temps en B . Les difficultés peuvent résulter soit de l’enchaînement lui même : par exemple galop allongé-pas ou de l’endroit où est placé le mouvement : une épaule en dedans est plus difficile sur la ligne du quart ou du milieu que sur la piste. Évitez les reculers qui cassent le rythme et ne répétez pas exagérément une figure même si le cheval y excelle. Pensez à montrer aux deux mains les allongements trot et galop et vérifiez bien que vous n’oubliez aucun mouvement. Cela vous vaudrait un zéro sur la figure concernée et pas plus de 5 en chorégraphie et degré de difficulté.

 

Le choix de la musique : Non seulement il faut que le rythme de la musique colle à celui de chacune des allures mais il faut veiller à ce que l’ensemble ait une certaine unité. En effet des genres de musique très différents pour chacune des trois allures s’opposeraient à toute recherche d’harmonie. Pensez que le juge, pour la reprise libre, n’est pas tout à fait dans le même état d’esprit que pour les reprises imposées. Pour l’anecdote je me souviens, dans mes débuts comme juge internationale, de Monsieur Niggli, alors président de la commission de dressage de la FEI, nous expliquer que, pour bien juger une reprise libre, il fallait avoir bu un petit verre de vin à midi, être confortablement installé sur sa chaise, un peu en arrière, relax, et juste profiter du spectacle. Le verre de vin en moins, car les juges n’ont plus le droit à la moindre goutte d’alcool (!) il avait totalement raison.

 

La reprise libre réussie est celle où l’on ne voit pas le temps passer, celle où l’on a l’impression qu’il s’agit d’un petit spectacle de 5 minutes et où les notes tombent d’elles mêmes. Ce qui fait la différence, une fois tous ces critères respectés est si il y a eu « interprétation » de la musique. Ceci est la cerise sur le gâteau : les mouvement présentés doivent être mis en valeur par la musique qui doit les soutenir. Les allongements ou les lignes de changements de pied peuvent par exemple être accompagnés par une musique plus allante ou au rythme plus marqué. Enfin, comme tout livre ou tout film, ce petit spectacle doit accrocher son spectateur par un début séduisant, l’intensité peut quelque peut baisser au milieu , pourquoi pas un peu de romantisme pour accompagner le pas… et la fin être plus dramatique ou tonitruante.

 

Voilà donc quelques conseils bien sûr très parcellaires mais qui vous permettront d’avoir un cadre pour la création de votre RLM !

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