Conseil de Juge n°44 : l’entrée

Un incontournable : l’entrée

 

Il n’est pas rare que les critiques sur l’objectivité des juges trouvent une prétendue justification dès le premier mouvement d’une reprise ! « Entrée au galop rassemblé, arrêt, salut, rompre au trot rassemblé, piste à main…  » Et voilà!

 

Mais qu’est ce qui fait donc la différence entre une entrée à 10, à 9, à 8 ou à 7 ? Cette question, pour avoir été souvent posée, reçoit trop souvent en réponse: « c’est à la tête du cavalier, quand c’en est une star, les juges lui donnent un 8 ou un 9 et quand c’est un inconnu il a 7 !  » Quelle insulte pour les juges!

 

Je me suis donc dit qu’il y avait besoin d’expliquer ce qui justifiait les points différents attribués à ce mouvement. Il se décompose en 5 parties : le galop, la transition descendante, l’arrêt, la transition montante, le trot.

 

Le galop : sa qualité intrinsèque, la pureté de son rythme à 3 temps, son rassemblé, l’attitude générale, la mise en main et la stabilité, la rectitude. Ici déjà les chevaux de grande qualité très bien travaillés donneront une impression de puissance, de contrôle, de facilité que le cheval moins en équilibre et moins perméable ne pourra pas montrer. Si il est parfaitement rassemblé, la rectitude ne sera pas un problème puisque sa flexibilité lui permettra d’engager ses postérieurs dans avoir à se décaler dans ses hanches.

 

La transition sera facile puisque le cavalier pourra à volonté réduire l’amplitude de la foulée jusqu’à poser le  cheval dans l’arrêt. Celui-ci ainsi obtenu ne demandera pas d’effet de force, tous les éléments ayant été réunis auparavant pour que l’arrêt soit comme une évidence.

 

L’arrêt lui même ne demandera pas, le plus souvent, d’intervention particulière ni de correction. Il peut arriver néanmoins qu’un membre ne soit pas parfaitement à sa place pour que l’arrêt soit vraiment « carré ». Là, l’expertise du cavalier lui fera ressentir immédiatement cette imperfection qu’il corrigera presque instinctivement.

 

La phase suivante du départ découle, elle aussi, de la précédente. L’impulsion, l’énergie contrôlée des trois phases précédentes, va permettre un départ franc, direct au trot.

 

La qualité du trot rassembler, la stabilité de la mise en main, la rectitude, la préparation du tourner à droite ou à gauche sont autant d’éléments qui finiront d’apporter au juge des éléments d’appréciation avant de poser sa note.

 

Plutôt que d’imaginer que la bonne note à été attribuée parce que c’était tel ou tel cavalier très connu, essayez vous même à la prochaine occasion de décomposer le mouvement pour en apprécier les divers éléments avant d’en faire une synthèse puis, finalement, d’attribuer vote note !

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