Conseil de Juge n°43 : l’inspection vétérinaire

Les aléas de l’inspection vétérinaire

 

Voilà bien une des tâches les plus difficiles qui incombe au président de jury d’un concours international.
Vérifier l’identité des chevaux, la validité de leurs vaccinations et par dessus tout, déterminer quel cheval est apte à concourir et quel ne l’ est pas. Pour ce faire il est accompagné du vétérinaire officiel du concours mandaté par la FEI et généralement par le juge étranger dont la mission est de rapporter à la FEI un résumé fidèle de la compétition et d’ éventuels problèmes. Le plus souvent les autres membres du jury sont également présents et peuvent être consultés pour un cas litigieux.

 

L’inspection jeudi des chevaux du CDI 5* fut précédée par la ré-inspection d’un cheval refusé la veille et qui devait participer au CDI 3*. En effet la procédure est la suivante: le cheval est présenté une première fois, si le jury a un doute sur son intégrité physique et sur sa régularité, le vétérinaire traitant lié au concours l’examine pour évaluer l’intensité de sa gêne. Si celle-ci est supportable de son point de vue, le cheval est représenté en fin d’inspection et la décision finale revient au président de jury après consultation.

 

Le cheval dont il a été question plus haut était réexaminé pour sa dernière chance après avoir la veille essuyé deux refus. Il a encore fallu deux « allers-retours » au trot pour confirmer les doutes de la veille et refuser le départ à ce cheval jugé insuffisamment régulier pour concourir. Cette procédure  est faite pour laisser un maximum de chances à un cheval fatigué par un long voyage ou rendu quelque peu gêné par les raideurs dues à l’âge… Cependant il faut surtout respecter l’intégrité physique de l’athlète et ne pas risquer d’hypothéquer l’avenir par une décision de tolérance. Et c’est bien là que réside la grande difficulté. La suite des événements nous l’a prouvé.

 

L’autre cheval qui a vraiment posé problème a, lui, été accepté après être resté dans la « holding box ».
Nous avions déterminé qu’il faisait partie de ces cas limites pour laquelle la frontière entre « accepté » et « refusé » est très difficile à déterminer . Il a lors de son second « aller-retour » semblé s’améliorer et le président à donné son verdict positif. Encore une fois, l’élimination d’un cheval à ce moment de la compétition est toujours un acte que l’on ne fait qu’à regret et quand cette décision est vraiment indiscutable.

 

Le lendemain sur le Grand Prix, malheureusement le cheval a confirmé son malaise dès le départ au trot puis sur la diagonale au trot allongé. Monté par un cavalier particulièrement expert, ce dernier a, dans la suite du travail au trot très habilement et respectueusement limité ses exigences et ainsi plus ou moins occulté la gêne du cheval. Dès le début du travail passage-piaffer la gêne ne s’est plus manifestée et la reprise s’est déroulée au mieux. Le lendemain le cavalier a choisi de ne pas présenter son cheval estimant qu’il n’était pas en condition physique de concourir.

 

Voilà donc un bon sujet de réflexion : notre « tolérance » n’a-t-elle pas été nuisible au cheval ? Il est facile après coup de dire que nous nous sommes trompés sur cette limite à accepter concernant la régularité lors de l’inspection et j’entends d’ici les critiques de ceux qui n’ont pas la responsabilité de la décision!
Protéger les chevaux pour leur bien être sans être les censeurs, impatients d’interdire ou de sanctionner, voilà notre rôle.

 

Il est difficile et serait rendu plus aisé si juges et cavaliers travaillaient en entente parfaite oubliant que nous ne sommes en rien nous les juges les « gendarmes » et eux les cavaliers « les voleurs » !

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