Conseil de Juge n°42 : le trot rassemblé

Avant tout exercice, trouver le bon trot

 

Le trot rassemblé : vaste programme !!! La vision podcastée de la reprise libre de Damon Hill, à Amsterdam, m’a interpellée sur un point précis que je vais vous exposer ici.

 

Avant toute critique, il est toujours de bon ton de s’enthousiasmer sur les points positifs ! Dans ce cas précis, je n’aurai pas beaucoup à me forcer car j’ai trouvé le cheval très à l’aise. Son passage expressif et très peu de ces petites fautes de rythme qui parfois peuvent entacher le déroulement de ce moment fort. Son piaffer globalement suffisamment sur place, -ce qui n’est pas toujours le cas- et particulièrement rassemblé et expressif. Les pirouettes au galop avec beaucoup d’abaissement des hanches. Les allongements expressifs et couvrant beaucoup de terrain.

 

Mais alors quid des transitions à la fin de ces allongements ? Et en particulier en ce qui concerne le trot…étonnement c’était comme si la cavalière les avait oubliées ! Au point de faire sa transition au pas très en avance sur sa musique!!!

 

Tout naturellement m’est venue la question : que veut-on voir au trot rassemblé ? Je vais essayer de l’expliquer, une fois n’est pas coutume à partir du trot allongé puisque c’est à partir de ce cas de figure que j’ai été interpellée. La cadence du trot rassemblé doit être la même qu’au trot allongé avec une moindre couverture de terrain, le cheval gagnant en élévation ce qu’il a perdu en étendue. Cela veut bien dire qu’il doit y avoir une réduction de la taille des foulées. Mais entendons-nous bien, il ne doit pas y avoir de réduction de l’activité ni de la vitesse du poser des membres et c’est de là que provient « l’expression ». Si le cheval ralentit sa cadence sans pour autant perdre son activité, alors il rentre dans le trot passager et au delà dans le passage. Mais un excès d’amplitude au trot rassemblé tue le trot rassemblé en en ignorant l’existence.

 

Il faut rester vigilant qu’à chercher l’expression à tout prix  on ne dénature pas la pureté technique de l’allure et au delà, de la discipline. Modernité et académisme doivent continuer à faire bon ménage malgré les demandes toujours plus grandes d’un « dressage spectacle ». Sans rigidité excessive il faut garantir la pérennité des critères techniques et c’est là également (par delà l’établissement d’un classement) le rôle des juges..

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