Conseil de Juge n°37 : apprécier un jeune cheval

Les subtilités du jugement des jeunes chevaux

 

Quelle difficulté ce jugement des jeunes chevaux !

 

Noter la qualité de base de chaque allure d’une part, la qualité de son dressage d’autre part et présager de son avenir dans la discipline par dessus tout. Voilà le rôle des trois ou quatre juges condamnés à un jugement collégial donc soumis au plus autoritaire ou au plus convaincant à défaut d’être le plus connaisseur !

L’expertise requise dans le domaine du jugement des jeunes chevaux est à l’évidence encore plus grande que dans les épreuves classiques. Tout cavalier un peu adroit saura gérer tant bien que mal un cheval manquant d’un sérieux respect de l’échelle de progression mais tout juge même habilité jeunes chevaux ne saura pas toujours en détecter la disponibilité et la justesse de son travail. La preuve nous en a été donnée une fois de plus lors des épreuves de jeunes chevaux de ce dernier grand national

 

Comment les juges ont-ils pu faire totalement abstraction de la qualité de la présentation et mettre à deux reprises d’un même cheval 1% de différence d’un jour à l’autre alors qu’il y avait d’un jour à l’autre autant de différence qu’ entre le jour et la nuit ?

 

Il faut dans les épreuves jeunes chevaux impérativement garder en objectif principal la qualité de l’équitation présentée. Il ne s’agit aucunement d’un concours de modèles et allures mais de récompenser les chevaux qui d’une part, présentent des allures qualiteuses et d’autre part sont déjà travaillés de façon à aborder dans les meilleures conditions les écueils du dressage de haut niveau. Il sera donc impératif d’apprecier la capacité à rester actif et réactif à l’abord du travail rassemblé, perméable aux aides et dynamique  même lorsque le contact est constant et franc, énergique dans l’equilibre quelle que soit l’attitude et la hauteur demandée à la nuque. Toutes les réticences à accepter le mouvement en avant, toutes les difficultés de contact devront pousser les juges à se demander : « ce cheval est il capable d’accepter de rester actif, rapide derrière, sans courir, correct dans la hauteur de sa nuque et de son encolure, ni trop loin ni trop ramené devant ou doit il abandonner l’une de ces données pour pouvoir remplir cette autre exigence ? »

 

S’il le fait bien aujourd’hui il doit être bien noté, mais si demain, ce même cheval aux trois bonnes allures, ne le peut pas – soit par fatigue soit pour toute autre raison – il ne doit en aucune façon recevoir les mêmes notes que la veille. J’ai regretté de ne pas voir clairement les juges prendre le risque de dire aux cavaliers :
« aujourd’hui votre cheval à montré qu’il était un bon cheval » ou « aujourd’hui hui votre bon cheval ne s’est pas montré sous son meilleur jour » ni d’ailleurs « vous nous avez montré un cheval intéressant mais votre travail ne met pas en valeur ses qualités » voire « un bon travail sur un cheval limité dans ses allures« . Dommage !

 

La question à se poser n’est elle pas : « pourquoi si rarement retrouve-t-on au sommet les jeunes chevaux qui ont gagné leurs classes d’âge ? »

 

À méditer …

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