Conseil de Juge n°34 : contact versus légèreté

Comprendre la différence entre contact et légèreté

 

Pour le nouveau Conseil de Juge j’ai choisi un sujet vaste, difficile et polémique mais dont, me semble-t-il je ne peux pas faire l’ économie. Il m’a été inspiré par une cavalière amateur qui a mis son cheval à la maison. Ce cheval posait de nombreux problèmes dont l’un et non des moindres relevait de la qualité du contact. L’objet de notre conseil aujourd’hui va donc être de tenter de concilier les notions de contact et de légèreté.

 

Pour ne rien vous cacher j’ai une méfiance épidermique vis a vis du discours qui veut faire de la légèreté un postulat de base, qu’il serait obligatoire d’ obtenir par n’importe quel moyen fut -il tout a fait artificiel. J’évoquerai ici tous ces conseils répétés a l’envie pour inciter le cheval à avoir un contact plus léger: de la vibration des doigts ou de l’action saccadée des mains à un mouvement constant d’ une main puis de l’autre pour empêcher que le cheval soit lourd, etc, etc…

 

Avez vous déjà observé attentivement les mains des cavaliers internationaux gagnants en épreuve quel que soit le niveau de développement de leur cheval : 5 ans, 6 ans ou Grand Prix? N’avez vous pas été ébloui par la stabilité , la discrétion de leurs mains ,voire la quasi absence d’ intervention de ces dernières ? Pas de discussion possible : ils n’utilisent pas la méthode qui consiste à intervenir à chaque foulée pour rendre le cheval léger dans son contact !

 

Bon mais alors cela veut-il dire ? Qu’il faut accepter un cheval qui tire, pèse en mettant tout son poids sur les épaules ? La légèreté est le produit de la répartition du poids du cheval entre son avant-main et son arrière-main. Imaginez une balance à deux plateaux : d’un coté, l’ingrédient à peser et de l’autre les poids en fonte. L’équilibre se fait quand il y a égalité dans la répartition du poids sinon on peut charger plus un plateau ou l’autre.

 

Si un cheval a un contact trop fort et qu’il tire, l’objectif premier ne doit pas être de le faire tirer moins ou d’être moins lourd. Il va être de progressivement changer la répartition du poids. Il faudra donc utiliser tous les exercices qui permettent de transférer peu a peu le poids sur les hanches. La panoplie est grande qui inclue transitions d’ une allure à l’autre et à l’intérieur de l’allure, travail latéral, cession, contre- épaule, hanches en dedans et en dehors. Il existe un multitude d’autres exercices qui sont autant d’outils mais qui ne demanderont jamais a la main d’agir à priori pour alléger artificiellement le contact.

 

Si l’on voit tant de chevaux qui finissent avec la mention « caractériel »ou « rétif » mon expérience me permet d’affirmer que c’est bien souvent cette notion de légèreté (qui doit être l’objectif final) est venue beaucoup trop tôt sans que le cheval ait pris confiance dans la main du cavalier qui par un contact présent l’accompagnait et le rassurait comme la main de l’adulte fermée sur celle de l’enfant le guide, l’accompagne et le rassure.

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