Conseil de Juge n°14 : juger la reprise libre

Evaluer la technique et l’artistique dans une reprise en musique

 

Du CDI de Vidauban où je déjeunais en compagnie d’une juge anglaise – elle m’exprimait ses inquiétudes à l’approche de la Kür Grand Prix qu’elle devait juger en nocturne le soir même – m’est venue l’idée d’aborder ici pour vous le jugement des reprises libres.

 

Comme je l’ai fait pour ma collègue britannique,  je ne  souhaite pas ici parler de technique. En effet, elle possède toute la technique nécessaire pour attribuer les notes par mouvement mais, dit elle, n’est pas sereine et n’a pas confiance en elle pour attribuer les autres notes.

 

Ma première réaction a été de lui dire que vu son expérience moins grande sur les kürs il est normal qu’elle se sente moins sure d’elle. Je lui ai dit que je me souvenais parfaitement de l’époque pas si lointaine, ou je ressentais la même chose qu’elle. J’aurais tout donné alors pour ne pas avoir à juger les reprises en musique car je ressentais une grande tension due à l’inquiétude de ne pas être a la hauteur de la situation.

 

Ayant, avec le temps et l’expérience, réussi à dominer ce stress, j’ai partagé avec elle le cheminement qui a été le mien et les différentes étapes de cette évolution.

 

Tout d’abord, commencer dans un premier temps par adopter une position physique détendue dans la cabane. S’installer confortablement comme pour un spectacle dont on est prêt à se laisser pénétrer et non pas se tendre comme un animal qui guette sa proie! Quand la reprise commence, attribuer une note dès qu’un mouvement est exécuté – sans mettre de commentaires pour ne pas se laisser envahir par le côté technique. Les commentaires seront utiles plus tard lorsque l’on aura bien appris cette décontraction.

 

Parallèlement, noter par un petit signe plus ou moins, tout mouvement ou enchainement, en appréciant son degré de difficulté et la qualité de da réalisation. Apprécier le tracer qui doit être ni trop convenu ni trop tordu. Elaboré ne veut pas dire compliqué donc fluidité et un peu d’originalité.

 

Il nous reste à apprécier la musique. N’étant pas moi même musicienne experte mais aimant comme bon nombre d’entre nous la musique, j’ai pris l’option de me fier à mon sentiment. La musique « colle » : j ‘attribue une assez bonne note (7-7,5). Je m’ennuie : je descend par rapport à cette note de base. Je ressens de l ‘émotion : j’augmente à partir de cette note.

 

Il me reste à donner les deux notes les plus faciles puisqu’elles concernent le cheval, ses qualités et l’harmonie de son travail.

 

Voila, comme mon amie juge britannique a apprécié ce petit mémo sur ma manière de faire à une époque ou juger une épreuve libre en musique était un challenge, j’ai pensé à vous faire partager cet échange que nous avons eu et qui vous permettra peut être d’apprécier au mieux ce moment de bonheur !

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