Technique Dressage : cession à la jambe, mode d’emploi

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Selon les règles édictées par la Fédération Équestre Internationale (FEI), la cession à la jambe est un exercice de souplesse dont l’objectif est de vérifier la réactivité latérale du cheval aux aides. « Le cheval y est presque droit, à l’exception d’une légère flexion de la nuque dans la direction contraire au mouvement latéral de manière à ce que le cavalier aperçoive les cils et le naseau internes de son partenaire. Les membres internes du cheval croisent par devant ses membres externes ». Dans les compétitions de niveau international, elle est exécutée au trot de travail. En France, la cession est au programme des reprises Club et Amateur de la Fédération Française d’Equitation mais aussi dans certaines épreuves jeunes chevaux de la Société Hippique Française. Le règlement de la FEI précise que « la cession à la jambe devrait être intégrée dans l’entraînement du cheval avant que celui-ci n’aborde le rassembler. Avec l’épaule en dedans, elle représente l’outil le plus efficace dans la recherche de souplesse et de relâchement. Elle favorise le fonctionnement du cheval sans contrainte au profit d’une plus grande liberté, élasticité, régularité des allures et rend ses mouvements plus harmonieux, légers et faciles ».

 

 

La cession à la jambe peut être exécutée sur la diagonale (sa forme la plus habituelle en compétition) ou le long de piste au pas, au trot et au galop. Dans le premier cas, le cheval se positionne parallèlement au grand côté bien que les épaules devancent imperceptiblement les hanches. Dans le second cas, un angle d’environ trente cinq degrés est formé avec la lice. La piste sert alors de référence pour maintenir une certaine homogénéité dans l’inclinaison du début à la fin de l’exercice. La diagonale étant une ligne imaginaire, il est indispensable de se fixer une trajectoire précise pour rester maître du mouvement. On constate que la piste agit parfois comme une sorte d’aimant attirant le cheval à la rejoindre de manière hâtive. Pour palier cette tendance, imaginez un pare-bottes traversant la carrière d’un coin à l’autre ou déterminez votre cession d’un point A à un point B (par exemple de F à H) en respectant la quantité de déplacement latéral initialement escompté. Il s’agit de se fixer au préalable un objectif raisonnable en adéquation avec le niveau de dressage du cheval. Si le mouvement se détériore, mieux vaut le clôturer de manière précoce en marchant droit plutôt que de poursuive la cession dans des conditions inadaptées. Impulsion, contact et confort seront retrouvés pour recommencer ultérieurement l’exercice avec succès.

 

 

Quelle que soit la ligne choisie, la cession permet de répondre à de nombreuses questions déterminantes à chaque instant de l’entrainement. Le cheval est-il réactif à mes aides ? Conserve-t’il rythme et énergie ? Est-il en équilibre et droit ? Est-il décontracté ? En effet, la cession canalise le cheval entre la jambe intérieure et la rêne extérieure, testant puis améliorant sa réaction aux aides. Comme son nom l’indique, elle contribue à vérifier si le cheval cède à la jambe, s’en décolle avec une réaction positive à la fois de côté mais également vers l’avant. Il s’agit bel et bien d’une cession à la jambe et non à la main. Si le cheval ne se déplace pas suffisamment de coté, s’il colle à la jambe intérieure ou au contraire s’il se déporte de manière excessive en traversant la rêne extérieure, la cession à mis en évidence une faille dans son éducation. Le cheval devrait maintenir une activité et un tempo absolument identiques que sur la ligne droite. En sous activité, le mouvement latéral sera nettement détérioré. Excellente gymnastique d’assouplissement, la cession renforce la rectitude et avec elle l’équilibre du cheval. Sous réserve d’un contrôle rigoureux du postérieur externe qui ne peut s’écarter démesurément, elle incite à plus d’engagement de l’arrière main. Elle sollicite un effort de la part du cheval qui avance ses postérieurs sous la masse, le préparant à aborder par la suite le rassemblé. Ainsi, la cession participe à l’approfondissement de sa connexion à travers tout le corps, sa décontraction de la tête à la queue et améliore en conséquence son contact à la main. Pour ces raisons diverses, la cession fait office de prémices pour tout autre exercice latéral.

 

 

Dans une cession à la jambe gauche, vers la droite sur une diagonale, la jambe intérieure (gauche) reste à la sangle. Elle est descendue et intervient de manière ponctuelle afin d’inciter le cheval à se déplacer vers la droite en restant parallèle au grand côté. En contrepartie d’une réponse satisfaisante, il est indispensable qu’elle se relâche pour éviter de lasser le cheval. Constamment poussé dans l’exercice, ce dernier risque de perdre en fraicheur et en réactivité, amoindrissant sa volonté de se porter vers l’avant et de côté. Le cheval arque finement son corps, sa cage thoracique, autour de cette aide intérieure. La jambe extérieure (droite) se recule sensiblement, prête à intervenir si le postérieur droit tend à s’écarter excessivement. Pour autant, elle ne reste pas constamment au contact au risque de limiter le mouvement latéral. Le cavalier déplace très légèrement son poids du corps à l’intérieur, sur l’ischion et la jambe gauche. Il maintient ses épaules parallèles à celles du cheval et son bassin dans le même axe. Son regard se porte haut et loin devant lui. Ses deux mains, pouces au dessus, restent ensemble à proximité du garrot alors que ses coudes sont au corps. Le poignet interne peut se ployer très légèrement vers la gauche, comme pour tourner une poignée dans l’intention de fléchir très subtilement la ganache du cheval dans le sens opposé à son déplacement. Garant du parallélisme et de l’équilibre, prévenant le basculement de la nuque, le contact sur la rêne extérieure est essentiel. Il pourra être renforcé ou adouci en fonction du besoin.

 

 

Il est plus aisé d’aborder la cession à la jambe depuis la ligne du quart, notamment avec un jeune cheval. En admettant que nous soyons à main gauche, préférez tourner cinq mètres avant la piste, marcher droit une dizaine de mètres puis demander une cession à la jambe pour rejoindre la piste à la dernière lettre en restant à la même main. Il semble à priori plus logique en doublant sur la ligne du milieu depuis la main gauche de partir en cession à la jambe gauche. Néanmoins, il faut veiller à clairement distinguer le tournant de la cession au risque de laisser échapper les hanches dans la courbe. De façon à garantir la rectitude, prenez garde à marcher rigoureusement droit plusieurs mètres en amont de la cession quitte à partir dans le sens contraire. Par exemple, en doublant depuis la main gauche, optez pour une cession à la jambe droite. Une fois la cession à la jambe acquise, jonglez avec l’angle. Débutez l’échauffement sur une demi diagonale (de la première lettre sur la ligne du milieu vers la dernière lettre sur la piste ou vice versa) puis dupliquez la manoeuvre sur une diagonale complète. Assurez-vous d’être capable de marcher droit instantanément à tout moment.

 

 

Si la cession à la jambe n’est présente que dans les plus faibles reprises en compétition, elle reste un accessoire précieux tout au long de la carrière d’un cheval et l’accompagne jusque dans la préparation du plus haut niveau. Elle doit être abordée tôt, maitrisée parfaitement et répétée souvent. Révélatrice, constructive et démonstrative, elle soulignera les imperfections, améliorera les capacités et sublimera les qualités de votre cheval.

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