Technique Dressage : la volte, pourquoi et comment ?

Si le cercle de vingt mètres apparait dès les épreuves quatre ans, les voltes de dix mètres ne sont intégrées en compétition qu’à partir de cinq ans, rétrécissant jusqu’à huit mètres la septième année. Avec un jeune cheval, optez donc pour des grands cercles de la largeur du rectangle  permettant de contrôler la vitesse et l’amplitude tout en développant la flexibilité soit la capacité à s’incurver latéralement. Imaginez le galbe d’une parenthèse. Votre cheval se ploie de la nuque à la queue, s’évasant autour de la jambe intérieure. Ce grand cercle initie votre jeune cheval à l’engagement des postérieurs en maintenant une amplitude raisonnable. En appelant d’avantage d’impulsion sur la ligne droite, le cheval aura tendance à trotter ou galoper plus grand, développant ses foulées. La courbe resserrée du cercle puis de la volte va naturellement, sans contrainte excessive de la part du cavalier, maintenir le cheval dans une allure plus rassemblée, plus compacte. Voici une solution efficace pour augmenter l’activité des postérieurs en limitant la prise de vitesse et d’amplitude. 

 

 

L’importance de la volte réside autant dans ses bienfaits techniques et musculaires que dans l’harmonisation du couple cavalier/cheval. Vous êtes capable de dessiner un cercle parfait ? C’est l’illustration que votre cheval est attentif et sensible aux aides. Vous menez la danse et votre cheval suit vos pas. Au contraire, si vous ne contrôlez pas parfaitement l’arrondi du cercle, c’est que vous ne guidez pas efficacement votre cheval qui devient alors le meneur. Il commence par décider de la trajectoire puis risque d’altérer la vitesse à sa guise pour éventuellement prendre totalement le contrôle de la situation, sortant du cadre préalablement fixé. Le risque est de se voir progressivement totalement débordé par un cheval distrait et inattentif aux aides. Laisser le cheval prendre les décisions à votre place peut à terme aboutir à du sérieux désordre.

 

 

La volte soumet le cheval au test de l’incurvation et de l’équilibre. Non seulement doit-il se fléchir dans l’encolure et la ganache mais il doit impérativement s’arquer dans tout son corps autour de la jambe interne du cavalier. Alors seulement sera-t’il en mesure d’exécuter une volte de qualité. La rectitude fait partie des principes fondateurs du dressage dont le nom même fait référence au fait de redresser, de remettre en ligne. Un cheval droit a les épaules et les hanches alignés contre la piste et s’incurve sur la volte en accompagnant la courbe. En effet, le postérieur externe suit alors la même trajectoire que l’antérieur du même côté. Si le cheval manque d’équilibre, c’est à dire qu’il ne bascule pas équitablement son poids sur les deux hanches, il aura tendance à se coucher vers l’intérieur du cercle. La correction de l’allure, sa régularité et sa cadence risquent d’en être manifestement impactées. Or, pour maintenir un rythme identique en ligne droite et sur la courbe serrée d’une volte, le cheval doit se porter de lui même. Seul le rassembler lui permettra d’aborder cet exercice avec l’énergie et la décontraction nécessaires à la conservation d’une allure juste. La difficulté est de maintenir l’activité des postérieurs sous la masse, sans laisser déraper les hanches. 

 

 

Sur la volte, le cavalier doit subtilement employer son couloir d’aides et prendre conscience de l’effet de chacune de ses actions sur l’incurvation du cheval. La jambe intérieure placée à la sangle améliore l’incurvation et l’activité des postérieurs qui s’engagent sous la masse. Elle permet aussi d’ouvrir la courbe afin de dessiner un cercle parfaitement géométrique. Elle doit être appliquée bien descendue pour ne pas basculer du poids sur la fesse extérieure chassant ainsi les hanches du cheval hors du cercle. Imaginez que votre cheval s’arque autour de votre jambe intérieure, la flexion de la ganache assurée par le contact de la rêne intérieure et l’encadrement des hanches garanti par les aides externes. L’objectif est d’apercevoir le coin de l’oeil et du naseau de votre cheval à l’intérieur. Le contact sur la rêne extérieure, stable, maintient l’équilibre du cheval tout en contrôlant la trajectoire dont elle est garante. Elle aide à placer les épaules devant sur la courbe tout en évitant une flexion excessive. Imaginez qu’elle agit comme un pare-bottes canalisant le parcours du cheval. Gardez les pouces au dessus, les poignets fléchis dans le sens du virage et chaque main restant à la fois proche de l’autre et de son côté de l’encolure. La jambe extérieure peut rester très légèrement reculée pour empêcher le postérieur externe d’échapper en s’écartant. Elle assiste également avec le virage. Plutôt que d’écarter la main pour encouragez le tournant, complémentez les doigts fermés et les poignets tournés avec une action discrète de la jambe. Le cavalier doit veiller à s’asseoir bien au milieu de la selle, le regard entre les deux oreilles et le buste tourné dans le sens de la marche parallèlement aux épaules de son cheval. L’indépendance des aides est indispensable afin d’éviter toute crispation du cavalier. La musculature de la ceinture dorso-abdominale est déterminante pour intervenir subtilement avec mains et jambes sans pour autant s’agripper. Chacune des foulées de la volte doit être évaluée séparément et corrigée instantanément en conséquence. Attention le dosage de vos aides intérieures et extérieures doit prévenir l’effondrement et le basculement de la nuque. Veillez à ce que les deux oreilles soient toujours alignées horizontalement sur le même plan. Conservez si vous le souhaitez une attitude dite de présentation c’est à dire la nuque le point le plus haut. Vous devriez apercevoir la têtière.

 

 

Visualisez le tracé de la volte en le dessinant sur papier. Il peut s’avérer utile de reproduire la trajectoire à pied sur le rectangle de dressage. Il est essentiel de connaitre les dimensions exactes de la piste soit vingt mètres de large sur soixante de long en compétition. Retenez également que les lettres sont placées à douze mètres les unes des autres à l’exception des coins séparés de la première lettre du grand côté H, M, F et K par six mètres seulement. Puisque la ligne du milieu coupe le rectangle en son milieu, une volte de dix mètres touchera la médiane AC. Il arrive que la volte mesure effectivement dix mètres dans le sens de la largeur touchant correctement la ligne du milieu sans pour autant atteindre ces mêmes dix mètres dans le sens de la longueur, distance plus abstraite. La seconde moitié de la volte a souvent tendance à s’aplatir en un ovale. Le rayon du cercle doit être partout de cinq mètres. Attention, un cercle de vingt mètres en A ne passe pas par la lettre L qui coupe la ligne du milieu entre P et V. Puisque six mètres séparent le coin de F puis douze mètre séparent F de P, seulement dix huit mètres distancent A de L. Un cercle de vingt mètres correct devrait par conséquent croiser la ligne du milieu deux mètres après L pour être parfaitement symétrique. Un bon moyen de visualiser votre cercle de vingt mètres est de l’associer à un tiers de la surface totale du rectangle de dressage qui mesure soixante mètres de long. De la même manière, la courbe devrait être homogène tout au long du cercle donc les coins doivent absolument être coupés. N’oubliez pas qu’il ne faut jamais marcher droit sur un cercle. Imaginez des marqueurs à chaque point du cercle peut vous aider à maintenir un parfait arrondi.

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