Juge de dressage : qui ? comment ? pourquoi ?

Ce week end, Isabelle animait un cours de juge organisé par le Comité Régional d’Equitation de Rhône Alpes à Vienne. Plus d’une centaine de participants était présents à cette occasion dans une atmosphère positive, constructive et décontractée.

En voici pour vous et en exclusivité les grandes lignes.

 

 

Le juge est un passionné de dressage qui aime voyager, rencontrer, apprendre. En plus de la disponibilité que requiert cette activité, il est indispensable de posséder une grande capacité de concentration, une personnalité profondément honnête, la faculté d’oublier les reprises passées sans compter bien entendu des connaissances techniques supérieures permettant notamment de faire corréler la notation à l’analyse. « Le juge doit avoir soif de progrès et suivre l’actualité du haut niveau pour rester dans le coup en ce qui concerne sa manière d’apprécier les chevaux. Il doit également chercher à évoluer dans les niveaux sans préférer rester sur ses acquis », conseille Isabelle.

 

Le rôle du juge est multiple : apprécier, évaluer, classer, orienter, corriger, encourager, alerter … Le juge est en partie responsable de l’évolution de la discipline puisqu’il oriente les cavaliers dans leur entrainement et distribue des « devoirs à la maison ». Evidemment, les CRE, la FFE et la SHF entre autres se chargent de la formation des juges mais il est du devoir de chacun de mener une formation personnelle continue en montant à cheval, prenant des cours, assistant à des stages, observant des séances d’entrainement, regardant des vidéos sur Youtube, faisant du secrétariat … « La discussion est absolument essentielle dans la progression du juge. Être ouvert à l’échange et prendre en compte l’avis de juges plus expérimentés est indispensable », insiste Isabelle.

 

 

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La mission du juge est complexe et le parcours semé d’embuches. « Impartialité, légitimité, objectivité et neutralité sont les quatre règles d’or du juge« , déclare la 5*. « Il faut à tout prix défendre son indépendance vis à vis de ses collègues mais également de toute influence extérieure par exemple l’écurie dans laquelle on monte. Il est crucial de ne pas prendre en considération l’écurie d’où vient un couple jugé. Sans être sur de soi ou fermé d’esprit, le juge doit être capable de se faire son propre avis et même accepter d’être différent si cela est justifié », souligne Isabelle.

 

 

Un juge est crédible s’il peut prouver ses compétences, son expérience, son expertise. Cela le rendra plus serein dans son jugement puisque son rapport aux cavaliers sera plus sain. Il faut pouvoir juger en toute objectivité, juger ce que l’on voit et non ce dont on se souvient. Finalement la neutralité est un élément clé. Le juge doit à tout prix respecter l’éthique et faire attention aux conflits d’intérêt.

 

 

Le juge doit pouvoir dire du bien et du mal de chaque figure. Il doit à la fois savoir détecter une allure défaillante et savoir exactement ce qui est attendu de chaque mouvement. La difficulté est d’associer une valeur numérique à un exercice et de différencier un 6 d’un 7 ou d’un 8. La palette de notes doit effectivement s’étendre du 0 au 10 et non du 5 au 7. Il faut savoir adapter la note à la faute bien sur mais aussi à la qualité générale de l’exercice. Par exemple, une faute de compte dans une ligne de changements de pied ne sera pas notée pareil si le reste de l’exercice est exécuté avec une excellente rectitude, un galop de qualité, une jolie attitude ou si le reste est médiocre.

 

Quelle que soit la qualité de la prestation, le juge doit être capable de proposer des commentaires constructifs et encouragent sur son protocole. Préférez utiliser le terme « plus de » à « pas assez de ». Dans les commentaires généraux associés aux notes d’ensemble, veillez toujours à souligner un point positif. « En cas de différence avec les collègues juges, il faut absolument discuter : analyser le pourquoi, s’interroger, expliquer et en cas d’erreur savoir s’excuser« , conclut Isabelle.

 

 

Pour le plaisir une vidéo  qui illustre l’évolution du dressage de Gigolo à Bella Rose…

 

 

 

 

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